la compagnie gare au théâtre

auteurs des éditions de la gare - initiale D

bernard da costa

bernard da costa

AUTOPORTRAIT (Novembre 2003)
Il est dur, il est tendre, il n’est plus de la première jeunesse, il voudrait être célèbre, il s’en fout, il écrit comme un dément, pense qu’il a parfois beaucoup de talent, les autres, en général, non. De temps en temps, il se dit qu’il n’est qu’un dramaturge plus que banal. Fade. Mais il veut y croire quand même. Il a déjà commis plus de cent pièces, une cinquantaine de jouées, trois romans et autres broutilles.

joseph danan

joseph danan

AUTOPORTRAIT (Mai 2005)
D’ordinaire (car je suis un vieux bocaliste, j’en suis à ma cinquième plongée), je sacrifie à l’usage en écrivant mon autoportrait depuis le lieu même du Bocal. C’est au soir de la bataille que je l’écris aujourd’hui - un autoportrait débocalisé en quelque sorte. Je suis chez moi, et dans la pièce d’à côté gronde sur France Musique le Manfred de Schumann d’après le terrible poème romantique de Byron. D’ordinaire, je ne mets pas de musique, sauf soigneusement choisie, quand j’écris, crainte que ma musique propre ne soit parasitée par une musique étrangère. J’écris cet autoportrait et je repense aux étranges textes écrits lorsque j’étais dans le Bocal, tout à l’heure, il y a très longtemps. Je n’ai pas osé les relire. Étranges, je sais, pour en conserver tout de même le souvenir, qu’ils me paraîtront tels quand je les relirai, qu’ils me paraissent déjà tels. Curieux autoportrait où jouent dans les vitres du Bocal les reflets de ce qui m’appartient à peine, est né pourtant de moi - plus ou moins - ou a transité par moi, et me surprend comme venu d’un étranger.

yveline danard

yveline danard

AUTOPORTRAIT (Juillet 2001)
Evidemment première question qui vient à l’esprît qui suis-je ? Et si je demandais à d’autres de parler de moi, eux sauraient, oui, mais ce ne serait plus un autoportrait, certes, mais qui le saurait ? J’ai toujours rêvé de faire un strip-tease ? Une provocation à moi-même offerte par Gare au Théâtre. Est-il possible d’imaginer et d’écrire vite, sur le tas, en une journée ? D’autres seront là, s’ils sont là c’est qu’ils pensent y arriver. Pourquoi pas moi ? Moi qui suis si timorée, à qui il faut tant de temps mais qui a envie de se laisser tenter. Voilà, c’est fait. On verra bien.

emmanuel darley

emmanuel darley

PORTRAIT par Jean Cagnard (Février 2001)
Sortie en 1998 d’une usine ruisselante de volonté, et syndicalisée. Elle garde une vue périphérique malgré son jeune âge ; une bonne tenue de gomme, des fauteuils de dentiste. Il y fait bon passer des après-midis, sur un parking de super-marché, allongé à l’arrière, les pieds à l’extérieur, et parfaitement immobile. Voici aujourd’hui, plus opportun décidément que mon autoportrait, succinct il est vrai moins authentique, le portrait de mon auto.

natacha de pontcharra

natacha de pontcharra

AUTOPORTRAIT
11.06.02 ”“ 10h04. Paris. Brasserie des Cadrans en face de la Gare de Lyon. Intérieur jour. Bain de lumière orange diffusée par la bâche extérieure. Dernière table de la deuxième rangée à gauche en rentrant. Premier plan : carnet de cuir noir mal ciré. Carnet épais à grosse spirale. Ball pentel vert. Vieux Panasonic écaillé tombé 152 fois de sa poche. Café sur soucoupe. Papier de sucre. Saletés de cigarettes. Briquet probablement à d’autres. Fond : dossier de fauteuil simili-cuir caramel. Hors champs : jambe droite croisée sur jambe gauche, et l’inverse. Jean d’allure encore neuve. Bottes noires décousues au talon. En cadre : tee-shirt beige de l’été dernier et veste mal assortie. Doigts froids et spatulés. Trois-quarts. Bouche au rouge en partie prêtée au rebord de la tasse. Cheveux chauds. Yeux fatigués mais verts. Nez certainement long mais aimé. Le regard est porté dehors sur les gens passants, les bus accordéon. Les chargés et les légers. Les allants et les venants. Les attendants les attendus. Les tendus et les tentants. Les traversants du boulevard, les traversés bouleversés. Les arrêtés. Se demande quand et pourquoi et pour qui et quoi. Se demande si. Se tient là, à remuer sa petite cuillère pour faire remonter le sucre du fond du petit noir.

marco casimiro de san leandro

marco casimiro de san leandro

AUTOPORTRAIT (Juin 2002)
Marco Casimiro de San Léandro, alias «Vers Sain Rhétorique» de Lugdunum, ou «Vers Sein Raie Torride» de la capitale des trois Gaules, celle du matin, celle du midi et celle du soir selon les thèmes. Autodidacte atypique entreprenant, touche-à-tout boulimique multi-disciplinaire, tour à tour : D.J. (78 à 98), animateur de radio (82 à 2000), cofondateur du collectif d’artistes lyonnais «Melting Family» (93), organisateur de concerts (92 à 98), fondateur de l’association «Camarilla» (depuis 97), coéditrice avec «Paroles d’Aube» de l’anthologie rap «Je Texte Termine» (98), fondateur du «Cercle des Poètes Apparus» collectif de poètes rythmiques issus du hip-hop (depuis 96, Relais Rhône-Alpes du réseau «Printemps de Bourges» (depuis 99), parolier, chroniqueur de la «Section Lyonnaise des Amateurs de Mots» collectif de slameurs et organisateur de sessions slam.

thibault de vivies

thibault de vivies

Après avoir, pendant plusieurs années, écrit pour le théâtre, il s’est tourné progressivement vers l’écriture romanesque.
Son premier roman, intitulé Me suis fait tout seul est édité aux Éditions Pétrelle (janvier 2002). Cinq autres romans ont suivi depuis. Mais le théâtre est revenu dans sonparcours d’écriture avec quelques adaptations de textes romanesques. C’est le cas de ce court extrait présenté dans le cadre des "Petits Petits / Frictions Urbaines".
Depuis 2008, il anime aussi un site Tentatives : espace intime, fictionnel et morcelé d’un narrateur à découvrir aux fils de différentes tentatives en images et en mots.

rémi de vos

rémi de vos

eric dejaeger

eric dejaeger

Belgique
AUTOPORTRAIT (Novembre 2006)
La littérature est tonitruance sur le silence du texte en cache. Est flocons de soleil qui frissonnent la peau. Tisons gelés qui racornissent les doigts crochus du trépas. Est sommet de miel au tréfonds d’un abîme de sanies. Ou sanies de miel au tréfonds d’un sommet d’abîme. Est vide à combler de néant provisoire. Kyrielles de pléthores de vocables à tamiser au sas des désordres à venir. La littérature est essentielle. Je n’ai rien à voir avec elle.

hélène delprat

hélène delprat

judith depaule

judith depaule

AUTOPORTRAIT (Novembre 2002)
J’aime aussi Youri Gagarine.

teki dervishi

teki dervishi

Prishtina - Kosovo

jean-durosier desrivieres

jean-durosier desrivieres

Né en 1972 à Port-au-Prince, Jean-Durosier Desrivières est un artiste aux «pieds poudrés» qui a vécu dix ans ailleurs, avant de rater son retour au pays natal (août 09-janvier 10).Poète-écrivain, critique littéraire, dramaturge, homme de scène et spécialiste de la poésie de Georges Castera (Prix Carbet 2006), on le retrouve depuis, de lieu en lieu, talonnant les mots. Il traîne son corps et son esprit entre Europe, Etats-Unis et Caraïbes… Auteur d’articles et critiques littéraires publiés sur le web et dans divers journaux, revues, magazines haïtiens et étrangers, il a aussi enseigné les Lettres pendant onze ans et s’est intéressé à la scène. Sa pièce, Paroles en crue, a notamment été lue au Théâtre du Rond-Point (Paris) en 2010. Il a aussi animé des ateliers de théâtre éducatif et d’écriture, des émissions de poésie, de musique et de littérature à la radio et à la télévision, tant en Haïti qu’en France.Co-auteur du Dictionnaire des écrivains francophones classiques (2010), ce passeur de poésie, sous toutes les formes possibles, écrit et publie en français et en créole.

sylvie di roma

sylvie di roma

AUTOPORTRAIT (Juin 2001)
« Je suis un voyageur, un passant clandestin Qui cherche en tâtonnant le sceau de son destin Et contemple la terre et le ciel et les hommes. À la vie simplement, je rends hommage en somme. Voguant entre ironie soupir et pétulance, Légère du côté sud, au nord vers la souffrance, Chaque jour à nouveau je renais et je doute Serrant mes convictions comme un bâton de route Traversant le brouillard d’une terre endurcie Je fonce en dérivant vers la moindre éclaircie. » Ce Bocal en est une.

theodora dimova

theodora dimova

Sofia - Bulgarie
AUTOPORTRAIT (Mai 2005)
Theodora Dimova est dramaturge et noveliste. Ses pièces ont reçu plusieurs prix nationaux et sont mises en scène régulièrement en Bulgarie, ainsi qu’en Grèce et en Macédoine. L’année dernière sa nouvelle MÈRES a remporté le grand prix de littérature pour l’Europe de l’est, organisé par KulturKontakt, la banque d’Autriche et le Wieser Verlag. Cette nouvelle est publiée en France par les Éditions des Syrtes et traduite dans plusieurs autres langues.

hajar bali djalila

hajar bali djalila

Algérie
AUTOPORTRAIT (Avril 2001)
Quarante ans révolus et toutes mes dents. J’enseigne la logique et les mathématiques. Sans foi, ni loi, visage acnéique. Cheveux poivre et sel, coupés très courts, pas du tout « féminine », ni « féministe », mais femme tout de même (avec un vrai popotin). Je jure sur... euh... ta tête ! J’aime Jordi Savall et Madona. Il y a un garçon ici qui me trouve féminine. Il confirme. Le théâtre, j’adore, mais : VRAIMENT !! Mon papa en faisait aussi dans son jeune âge...

serguey dobrinine

serguey dobrinine

Sibérie
AUTOPORTRAIT (Novembre 2000)
Je suis né il y a très longtemps, sept ans après une guerre mondiale, et un an avant la mort de Staline (31 janvier 1952). Comme je suis verseau et dragon, ma vie s’écoule plutôt avec bonheur. J’ai fait mes études, j’ai joué, j’ai écrasé quelques vers et écrit des scenari, j’ai mis en scène des spectacles. Je suis tombé amoureux souvent, bien que je ne me sois marié qu’une seule fois. J’ai deux fils et un petit-fils. En ce moment je suis enseignant et fonctionnaire, vice-recteur de l’Académie des Arts de Oulan-Oudé (Sibérie, Russie). C’est ma réalité. Mais j’aime toujours faire semblant, et j’aime encore être acteur, scénariste, metteur en scène.

doumée

doumée

AUTOPORTRAIT (Février 2002)
Si j’étais... je serais : un vin de Bourgueil, une péniche, une java connue, un son de cloche, un homme-sandwich, une torture chinoise, une guerre de cent ans, un roman de gare, une bouche à nourrir, une mort lente, un nœud gordien, un wagon-lit, un péché capital, une femme de compagnie, une idée reçue, un jeu de cirque, un bouquet de fleurs à la poubelle etc... etc... Finissons donc par un proverbe : « Il vaut mieux laisser son enfant morveux, plutôt que de lui arracher le nez ».

marcelle dubois

marcelle dubois

Montréal - Québec
A PROPOS DU SAINT-LAURENT (Mai 2007) ... 18 ans. Il m’aura fallu 18 ans et treize heures de voiture, faisant route vers l’est du Québec, pour voir le Saint-Laurent dans toute sa splendeur pour la première fois. Pourtant, il était de tous mes manuels d’histoire et de géographie. Mais toujours, l’épine dorsale de notre province restait à l’état de concept pour moi. J’étais de ces enfants qui n’avaient non seulement jamais vu la mer... mais même jamais vu son propre fleuve. Le choc ! Plantée sur la grève derrière le chalet de mon oncle, à Sept-Ile, village appartenant à cette autre « région éloignée » que nous appelons la Côte Nord, je suis restée longtemps figée devant ce que je voyais. Une étendue mouvante. Un absolu que je ne connaissais pas. J’étais subjuguée. Étrangère. Ailleurs. Et pourtant chez-moi... Lorsqu’on m’a demandé d’écrire sur le Fleuve Saint-Laurent et ses enjeux écologiques, j’avoue avoir souffert du syndrome de l’imposteur. Pourtant, je me sentais réellement interpellée par la problématique... Comment, moi, petite fille de la terre, puis-je être happée par le désir de parler du Saint-Laurent et des habitants de ses rives ? ... L’HOMME NOYE parle de la perte ressentie par la nouvelle génération qui doit laisser tomber les traditions familiales, puisque l’exploitation des ressources naturelles ”“ ici le poisson du Fleuve Saint-Laurent ”“ ne représente plus une possibilité d’avenir. LA GROSSE FEMME, quant à lui, rappelle que l’amour peut peut-être, bien naïvement, permettre de gagner du temps sur la déroute absolue... Du moins le temps de mettre au monde une nouvelle génération, qui elle saura, peut-être, mieux gérer son fleuve nourricier. M. D.

patrick dubost

patrick dubost

AUTOPORTRAIT (Mai 1999)
Patrick Dubost poète, porte un autre poète sur ses épaules : Armand. Armand s’intéresse aux filles, aux voitures, écrit des poèmes. Patrick s’intéresse aux livres, aux arts, aux questions de langue, aux acquis de la science contemporaine. Ils ne parviennent pas toujours à se mettre d’accord sur leurs itinéraires. Armand a plus de facilité à prendre la parole, à s’agiter dans un bocal. Armand permet à Patrick d’écrire de la poésie en écrivant du théâtre, et réciproquement. Grosses bises. Armand. Francheville. Rhône. 2 mai 1999. Patrick.

dejan dukovski

dejan dukovski

Skopje - Macédoine
AUTOPORTRAIT ( Mai 2008)
J’aime tout ce qu’aiment les jeunes, je collectionne des badges, des pin’s, et je suis toujours supporter du club « Partisan ».

eric dupont

eric dupont

Gaspésie (Canada) - photo : ARALD
A PROPOS DU SAINT-LAURENT (Mai 2007) Je m’appelle Éric Dupont. J’ai grandi en Gaspésie au bord du fleuve Saint-Laurent là où il est trop grand pour être fleuve et trop petit pour être mer. Je vis et j’écris aujourd’hui à Montréal pas trop loin du pont Jacques-Cartier qui enjambe le Saint-Laurent. Je ne bois pas d’eau en bouteille parce que je suis un peu pingre. Pour moi, le fleuve Saint-Laurent, ça représente beaucoup de choses. Des journées entières passées sur les plages à construire des châteaux, des baleines échouées mourant sous mes yeux, un horizon si bleu qu’il en fait mal aux yeux et la certitude de savoir où est le nord. Le fleuve a toujours été une ligne naturelle fuyant vers le nord-est. Quand je m’éloigne du Saint-Laurent, je perds le nord. Mes deux comédies traitent d’un sujet qui, en tant que Québécois, me paraît ésotérique : le compteur d’eau. La première pièce présente une scène de ménage entre une femme légèrement avaricieuse et un mari traumatisé par le film Titanic. La deuxième comédie nous présente un futur apocalyptique à Montréal où deux pauvres âmes tentent de repêcher un compteur d’eau dans le fond d’un fleuve presque asséché.

laure duqué

laure duqué

jacques-olivier durand

jacques-olivier durand

eugène durif

eugène durif